Bienvenue,

La honte est un sentiment que chacun peut sentir, celui de ne pas être accueilli tel qu'il est ou telle qu'elle est.

Ce blog propose d'aller à la découverte de la complexité du sentiment de honte intériorisé, et comment il peut être le fruit d’une grande diversité d’éléments qui se combinent :

l’humiliation, l’impuissance, l’injustice, la résignation, la passivité, la répression, l’exploitation, l’impudeur, la jalousie, l’agressivité, l’illégitimité, la stigmatisation, l’invalidation, la moquerie, la dérision, l’exhibitionnisme, l’envie de s’élever, la peur d’être rabaissé, la rivalité, la culpabilité, l’usurpation, le mépris,la peur du ridicule, le non-dit, le secret, la méconnaissance, la colère, le mensonge, la régression sociale, l’ascension sociale, la culpabilité sexuelle, la haine des parents, l’effondrement d’images parentales, l’abandon, l’ambition, l’orgueil,la déchéance sociale, la haine de classe, ...

Partager ce qu'il nous est possible de partager sans se mettre en danger, c'est sortir de cet enfermement.

mercredi 23 mars 2011

Emission Radio - Honte et Moyen-Age

Gentes damoiselles et preux damoiseaux !
Une petite invitation au voyage dans le temps pour mettre en perspective ce thème de la honte. Laissons nous porter par ces récits épiques traversés de figures humiliantes ou humiliées : manants et troubadours, chevaliers bardés d'honneurs et christianisme pointant toute forme de culpabilité : Bienvenue au Moyen-âge (ça donne envie, je sais ;-))

> "Humbles et humiliés. Récits médiévaux de l'abaissement"
Lien audio vers cette émission de France Culture/Collège de France à ré-écouter en ligne (1h15) ici : http://www.franceculture.com/plateformes-humbles-et-humilies-recits-medievaux-de-l-abaissement-humbles-et-humilies-recits-medieva
Résumé : texte ci-après

Ca m'a tout l'air très intéressant !

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Humbles et humiliés. Récits médiévaux de l'abaissement (1/4)

Séminaire de Michel Zink
03/2011 1h14

Comme toutes les sociétés, la société médiévale a l’humiliation en horreur et y voit le plus redoutable des châtiments. L’univers chevaleresque, tel que la littérature le représente et l’idéalise, cherche l’honneur, fuit la honte, s’enivre d’ostentation et de faste. Pourtant cette même société se réclame d’une religion fondée sur l’abaissement de Dieu fait homme et sur l’humiliation de la croix. Une religion qui invite l’homme à la fois à imiter l’abaissement divin et à se reconnaître pécheur par la pratique de l’humilité, notion morale étrangère à l’Antiquité. Mais cette religion même nie l’abaissement en même temps qu’elle l’exalte : la résurrection du Christ transforme la croix en signe de victoire et de gloire ; l’Eglise encourage les réformes visant à retrouver la pauvreté évangélique, mais se méfie de leurs manifestations les plus radicales et voit dans sa puissance temporelle le triomphe du Christ ; l’humilité devenue vertu échappe à l’humiliation. Nous dirions la société médiévale marquée par une culture de la honte, le christianisme par une culture de la culpabilité, mais la société médiévale est chrétienne. Ces imbrications et ces contradictions, le cours les étudiera, non en elles-mêmes, mais à travers des récits médiévaux mettant en scène l’humilité et l’humiliation : des récits de l’abaissement. Le récit de l’humiliation s’intéresse à l’humilié, mais aussi – et souvent plus encore – à celui qui inflige l’humiliation, directement ou parce qu’il en est le spectateur. Il multiplie les regards sur l’humiliation, qui n’existe précisément comme humiliation que sous le regard de l’autre. Enfin, le récit, univers de signes, amplifie ceux de l’humiliation. Or la souffrance est dans le signe qui fait d’elle une humiliation. Le récit de l’humiliation est pire que l’humiliation elle-même. On s’intéressera à des épisodes de chansons de geste, de romans, de chroniques, à des contes pieux, à des récits hagiographiques. Du procès de Ganelon à l’ermite faussement accusé, du Chevalier de la charrette à la déposition d’Edouard II et de Richard II, des Congés d’Arras à la littérature franciscaine, des fabliaux aux mystères, on abordera des récits aussi variés et d’esprit aussi différent que possible.

- Humilité et refus du pouvoir chez saint François d'Assise et dans la spiritualité franciscaine (XIIIe-XIVe siècles)
Avec André Vauchez, historien médiéviste, Académicien, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Enregistré en janvier 2011.